Apprenez à identifier les chenilles sur le plantain et le gaillet. Un guide pratique pour favoriser les papillons et la biodiversité au jardin.
De nombreux jardiniers s'inquiètent à la vue de feuilles grignotées. Pourtant, dans un jardin naturel, les feuilles trouées sont un gage de qualité. Elles prouvent que le jardin fonctionne et que la biomasse se transforme en biodiversité. Deux genres de plantes souvent sous-estimés – le plantain (Plantago) et le gaillet (Galium) – sont de véritables havres pour les chenilles de papillons.
En complément de l'article Top 10 des plantes hôtes pour chenilles : le buffet vital pour les papillons, cet article se concentre sur l'identification détaillée des chenilles associées à ces plantes sauvages spécifiques. Apprendre à reconnaître les espèces qui s'en nourrissent permet de poser un autre regard sur le désherbage.
D'un point de vue purement esthétique, le plantain lancéolé ou le gaillet gratteron sont souvent éliminés. Sur le plan écologique, c'est une erreur majeure. De nombreux papillons de jour et de nuit sont monophages ou oligophages. Cela signifie que leurs chenilles se nourrissent exclusivement d'une seule ou de très peu d'espèces de plantes. Si la plante disparaît, le papillon s'éteint localement.
Le plantain lancéolé (Plantago lanceolata) est robuste et très commun. Il constitue la nourriture principale de plusieurs espèces de mélitées (Melitaea). En cas de traces de grignotage sur les feuilles de plantain, observez les caractéristiques suivantes :
Les gaillets, en particulier le gaillet jaune (Galium verum) et le gaillet mollugine (Galium mollugo), sont essentiels pour les espèces de sphinx. L'exemple le plus célèbre est le moro-sphinx (Macroglossum stellatarum), également appelé sphinx colibri.
Pour réussir à identifier les chenilles sur les plantes sauvages, une observation systématique est nécessaire. Le tableau suivant présente les espèces que l'on peut observer sur ces deux genres de plantes.
| Plante hôte | Chenille probable | Apparence & caractéristiques | Saison (stade chenille) |
|---|---|---|---|
| Plantain lancéolé (Plantago lanceolata) | Mélitée du plantain | Noire, points blancs, verrues épineuses. Souvent grégaire. | Mai – juin & août – septembre |
| Plantain lancéolé (Plantago lanceolata) | Écaille martre | Brun-rouille, poils très denses. | Hiverne à l'état de chenille, souvent visible au printemps |
| Gaillet jaune (Galium verum) | Moro-sphinx | Verte, lignes blanches latérales, corne bleue/jaune à l'extrémité. | Mai – octobre (plusieurs générations) |
| Gaillet mollugine (Galium mollugo) | Petit sphinx de la vigne | Brune ou verte, ocelles à l'avant pour effrayer les prédateurs, petite corne. | Juillet – septembre |
| Gaillet gratteron (Galium aparine) | Sphinx à bandes | Très colorée, taches noires sur fond jaune/vert, corne rouge. | Juin – septembre (papillon migrateur) |
Pour que ces espèces puissent accomplir leur cycle de développement complet jusqu'à la métamorphose, quelques pratiques de gestion douce sont recommandées :
L'identification des chenilles commence toujours par la connaissance de la plante hôte. Le plantain et le gaillet ne sont pas des herbes indésirables, mais le socle de la survie de papillons remarquables. En observant de près, un monde fascinant se révèle au jardin.
On y trouve fréquemment les chenilles de la mélitée du plantain (noires à points blancs) ou de l'écaille martre (très velues et brun-rouille).
Il s'agit le plus souvent de la chenille du moro-sphinx. La corne postérieure est typique de la famille des sphinx.
Il est préférable de l'éviter. Les poils de certaines espèces peuvent provoquer des réactions cutanées ou des irritations. Privilégiez une identification visuelle ou à l'aide d'une photo.
Non. Les traces de consommation sont le signe d'une activité écologique saine. Laissez les plantes en place pour permettre aux chenilles de terminer leur développement et de se nymphoser.
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