Favorisez les auxiliaires pour une lutte biologique efficace. Conseils pour attirer coccinelles, chrysopes et autres alliés naturels en permaculture.
La permaculture cherche à instaurer des écosystèmes stables et autonomes. L’un de ses principes fondateurs est l’absence totale de produits phytosanitaires de synthèse. Dans un jardin naturel qui fonctionne, les organismes auxiliaires régulent d’eux-mêmes les populations de ravageurs. Cet article vous montre comment instaurer un équilibre biologique en favorisant ces alliés précieux, pour garantir vos récoltes tout en renforçant la biodiversité.
En écologie, les niveaux trophiques représentent les différents stades de la chaîne alimentaire. Dans le jardin, les plantes forment la base (les producteurs). Le niveau suivant est constitué des herbivores (consommateurs primaires), comme le puceron noir de la fève (Aphis fabae). En permaculture, on veille à renforcer le troisième niveau : les prédateurs et les parasitoïdes (organismes qui se développent aux dépens d’un hôte et finissent par le tuer).
Un écosystème sain se régule selon le principe de « dépendance à la densité ». Cela signifie que plus les pucerons sont nombreux, plus le jardin attire les syrphes (Syrphidae) et les coccinelles (Coccinellidae). Recourir immédiatement à des pesticides chimiques supprime la nourriture de ces auxiliaires et interrompt durablement ce cycle naturel.
Pour favoriser efficacement les auxiliaires, il est utile de connaître leur biologie. Le tableau ci-dessous présente les principaux alliés du jardinier et les moyens de les encourager.
| Auxiliaire (nom scientifique) | Proies principales | Comment les favoriser |
|---|---|---|
| Coccinelle à sept points (Coccinella septempunctata) | Pucerons, cochenilles | Tas de feuilles pour l’hivernage, absence d’insecticides |
| Chrysope verte (Chrysoperla carnea) | Pucerons (les larves, appelées « lions des pucerons », sont de redoutables prédatrices), acariens | Semis de fleurs sauvages, abris d’hivernage |
| Carabes (Carabidae) | Œufs de limaces, larves de doryphores, taupins | Paillage, tas de bois mort, zones de repli humides |
| Syrphes (Syrphidae) | Les larves consomment les pucerons ; les adultes sont d’excellents pollinisateurs | Fleurs à corolle ouverte (Ombellifères) comme l’achillée millefeuille (Achillea millefolium) |
| Ichneumons (Ichneumonidae) | Chenilles, larves de tenthrèdes | Haies diversifiées, fleurs simples au nectar facilement accessible |
| Perce-oreille (Forficula auricularia) | Pucerons (dont le puceron lanigère) | Pots en terre cuite retournés et remplis de paille, suspendus dans les arbres |
La permaculture mise beaucoup sur la valorisation des bordures et des niches. Un jardin trop propre ou trop entretenu nuit à la lutte biologique. De nombreux auxiliaires ont besoin de milieux différents selon les stades de leur développement.
Le seuil de tolérance (ou seuil de nuisibilité) désigne le niveau d’infestation à partir duquel les dégâts esthétiques ou économiques deviennent significatifs. En permaculture, ce seuil est volontairement placé assez haut. L’apparition des premiers pucerons au printemps sur les rosiers (Rosa) ne doit pas déclencher d’inquiétude immédiate. Ces premiers arrivants attirent les femelles de coccinelles qui y déposeront leurs œufs. Sans cette présence initiale de ravageurs, les auxiliaires ne s’installeraient pas dans le jardin.
En encourageant ces mécanismes de régulation naturelle, vous obtenez un système résilient et autonome, tout en réduisant le travail et les interventions au jardin.
Favorisez les chrysopes et les coccinelles en laissant des zones de fleurs sauvages et des tas de bois mort. En cas de forte infestation locale, un simple jet d’eau ou l’application d’une solution de savon noir peut suffire.
Les femelles pondent leurs œufs directement dans ou sur les ravageurs (chenilles, pucerons). Les larves se développent en consommant l’hôte, ce qui limite naturellement la prolifération de ces ravageurs.
Les carabes ont besoin de cachettes sombres et humides. Utilisez des paillages organiques, disposez des pierres plates au sol et évitez de retourner la terre afin de ne pas perturber leurs zones de chasse.
Oui, le perce-oreille commun (Forficula auricularia) consomme de grandes quantités de pucerons durant la nuit. Offrez-leur des pots en terre cuite retournés et remplis de paille comme abris dans les arbres fruitiers.
Article principal : La permaculture expliquée simplement : votre guide pour un écosystème autonome
Mots-clés
Appliquez la permaculture au jardin : cycles naturels, plantes locales, ressources efficaces pour moins d’effort et plus de biodiversité.
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