Aller au contenu principal
EUNIS: B1.6Europäische Rote Liste: Least ConcernFFH-Anhang I: 2170; 2160

Fourrés dunaires côtiers atlantiques et baltiques (EUNIS B1.6) – Habitat, espèces et statut de protection

Les fourrés dunaires des côtes atlantiques et baltiques (code EUNIS B1.6) regroupent des communautés arbustives naturelles à base d’argousier, de saule rampant, d’ajonc et d’autres ligneux dans les dunes sèches et humides. Ils constituent d’importants habitats d’alimentation et de nidification pour les oiseaux et abritent des champignons rares. Selon la Liste rouge européenne, ils sont classés en « préoccupation mineure » (Least Concern).

Einordnung

Originalbezeichnung
Atlantic and Baltic coastal dune scrub
EUNIS
B1.6 – Coastal dune scrub
EU-28
Least Concern
EU-28+
Least Concern
FFH-Anhang I
2170; 2160 – Dunes with Salix repens ssp argentea (Salicion arenariae); Dunes with Hippophae rhamnoides

L’essentiel en bref

Les fourrés dunaires côtiers atlantiques et baltiques (EUNIS B1.6) sont des formations arbustives naturelles présentes dans les dunes des côtes atlantiques et baltiques européennes. Ils vont de peuplements bas à saules rampants jusqu’à des fourrés denses de plusieurs mètres de haut et marquent aussi bien les dunes sèches que les dépressions humides. Leur composition varie selon le climat : au nord-ouest dominent l’argousier (Hippophae rhamnoides) et le saule rampant des sables (Salix repens ssp. arenarius) ; dans les régions atlantiques plus chaudes s’ajoutent l’ajonc d’Europe (Ulex europaeus) et le genêt à balais (Cytisus scoparius). L’habitat offre nourriture et abri à une multitude d’animaux et de plantes, en particulier aux oiseaux en migration et à des champignons rares liés aux saules.

La Liste rouge des habitats d’Europe classe ce type en « préoccupation mineure » (Least Concern). Dans l’annexe I de la directive Habitats, il est partiellement couvert par les types d’habitats 2170 (dunes à Salix repens ssp. argentea) et 2160 (dunes à argousier). L’état de conservation au titre de l’article 17 de la directive Habitats n’est pas renseigné dans les données sources disponibles.


Typologie et définition EUNIS

Le Système européen d’information sur la nature (EUNIS) regroupe sous le code B1.6 l’ensemble des fourrés dunaires côtiers (Coastal dune scrub). L’habitat évalué ici par la Liste rouge, « Atlantic and Baltic coastal dune scrub » (code RLB1.6a), correspond à une délimitation biogéographique précise au sein de B1.6. Il englobe des fourrés bas à élevés dans les dunes sèches et les dépressions humides des régions côtières atlantiques et baltiques. Sont explicitement exclus les peuplements très bas, fauchés ou pâturés de saules rampants considérés comme une composante de landes humides ou de pelouses – ils relèvent de B1.8a (dépressions dunaires humides) ou de B1.4a (pelouses dunaires). De même, les peuplements lâches de rosier pimprenelle (Rosa spinosissima) dans les pelouses sont exclus.

Sur le plan phytosociologique, les fourrés peuvent être rattachés à l’ordre des Salicetalia arenariae, dans lequel on distingue trois alliances :

  • Salicion arenariae (fourrés à saule rampant des dunes)
  • Ligustro-Hippophaeion (fourrés à troène et argousier)
  • Holoschoeno australis-Salicion arenariae (uniquement dans les secteurs les plus chauds de la façade atlantique) S’y ajoutent les fourrés à saule cendré (Salix cinerea, alliance Salicion cinereae), qui se développent surtout dans les dépressions dunaires humides. Le rare Pyrolo-Salicetum, association du saule rampant avec la pyrole mineure (Pyrola minor), la pyrole à feuilles rondes (P. rotundifolia) et la monotrope sucepin (Monotropa hypopitys) dépourvue de chlorophylle, est parfois rattaché à la lande à camarine (Empetrion nigri).

Classement Liste rouge

La Liste rouge européenne des habitats évalue le type d’habitat « Atlantic and Baltic coastal dune scrub » à la fois dans l’UE28 et dans la région UE28+ comme étant en préoccupation mineure (LC) – donc non menacé actuellement. Les données disponibles n’indiquent pas de critère de menace. Ce complexe arbustif fait ainsi partie des éléments relativement stables des dunes côtières, même si, localement (par exemple du fait de plantations en Angleterre), des conflits avec des habitats ouverts plus riches en espèces peuvent survenir.

Lien avec la directive Habitats et l’annexe I

Deux types d’habitats de l’annexe I de la directive Habitats se superposent à ce type de fourrés :

  • 2170 – Dunes à Salix repens ssp. argentea (Salicion arenariae)
  • 2160 – Dunes à Hippophae rhamnoides

Il est important de souligner qu’il s’agit bien de recouvrements partiels : les types 2170 et 2160 de la directive ne couvrent chacun qu’une partie du large spectre de B1.6. Les nombreuses autres espèces arbustives, les peuplements mélangés ou les fourrés à saule cendré ne relèvent pas de ces deux codes. Les données sources ne contiennent pas d’état de conservation global pour B1.6 au titre de l’article 17 de la directive Habitats ; pour une vue d’ensemble, il faudrait consulter les évaluations séparées des deux types d’habitats de l’annexe I.

Habitat et répartition

Les fourrés dunaires côtiers atlantiques et baltiques s’étirent le long des côtes, du Portugal à l’Europe occidentale et aux pays riverains de la mer du Nord jusqu’à la région baltique. Ils prospèrent particulièrement dans les dunes sèches et calcaires, où ils peuvent atteindre plusieurs mètres de haut et former des fourrés denses et riches en espèces. Parmi les compagnons fréquents figurent :

  • le nerprun purgatif (Rhamnus cathartica)
  • le troène commun (Ligustrum vulgare)
  • l’épine-vinette (Berberis vulgaris)
  • le fusain d’Europe (Euonymus europaeus)
  • le sureau noir (Sambucus nigra)
  • l’aubépine monogyne (Crataegus monogyna)
  • divers rosiers (Rosa spec.) et ronces (Rubus spec.)

Dans les dépressions humides, ce sont les saules qui dominent – outre le saule rampant, on trouve surtout le saule cendré (Salix cinerea), Salix atrocinerea et le saule à feuilles de romarin (Salix rosmarinifolius). Dans les secteurs les plus chauds de la côte atlantique, par exemple au Portugal, des espèces méditerranéo-atlantiques comme le scirpe jonc (Scirpus holoschoenus) s’y ajoutent. En dehors des fourrés proprement dits, des genévriers (Juniperus communis sur les côtes tempérées, avec d’autres espèces en Méditerranée) peuvent s’immiscer dans les fourrés dunaires de certaines régions.

Espèces caractéristiques et communautés végétales

Voici une sélection d’espèces végétales typiques qui marquent l’habitat :

  • Épine-vinette (Berberis vulgaris)
  • Calamagrostide terrestre (Calamagrostis epigejos)
  • Laîche des sables (Carex arenaria)
  • Cornouiller sanguin (Cornus sanguineus)
  • Aubépine monogyne (Crataegus monogyna)
  • Genêt à balais (Cytisus scoparius)
  • Fusain d’Europe (Euonymus europaeus)
  • Argousier (Hippophae rhamnoides)
  • Genévrier commun (Juniperus communis)
  • Troène (Ligustrum vulgare)
  • Monotrope sucepin (Monotropa hypopitys)
  • Pyrole mineure (Pyrola minor)
  • Pyrole à feuilles rondes (Pyrola rotundifolia)
  • Nerprun purgatif (Rhamnus cathartica)
  • Rosier rouillé (Rosa rubiginosa)
  • Rosier pimprenelle (Rosa spinosissima)
  • Rubus thallasarctos
  • Ronce bleuâtre (Rubus caesius)
  • Rubus ulmifolius
  • Saule cendré (Salix cinerea)
  • Saule rampant des sables (Salix repens ssp. arenarius)
  • Sureau noir (Sambucus nigra)
  • Ajonc d’Europe (Ulex europaeus)

Parmi les oiseaux, le rossignol philomèle (Luscinia megarhynchos) mérite d’être cité comme espèce compagne typique ; de nombreux autres oiseaux nicheurs et migrateurs utilisent les fourrés comme couverts et source de nourriture.

Le Pyrolo-Salicetum déjà mentionné héberge une série de champignons rares, dont certains vivent en symbiose avec le saule rampant. Le monotrope sucepin tire ses nutriments par voie saprophyte des champignons mycorhiziens colonisant les racines du saule.

Importance pour la biodiversité

L’abondance des baies d’argousier, d’aubépine, de sureau, de rosiers et d’autres arbustes fait des fourrés dunaires un habitat d’alimentation central pour les oiseaux, surtout pendant la migration automnale. Les fourrés hauts et denses offrent des sites de nidification idéaux pour les oiseaux de lisière. En même temps, ces fourrés constituent un haut lieu de diversité fongique : le lien étroit du monotrope et des pyroles avec des champignons ectomycorhiziens spécifiques génère une diversité remarquable, absente des milieux ouverts.

Enfin, la diversité des espèces arbustives contribue à une forte variété structurelle en créant une mosaïque de sols ombragés, riches en nutriments ou plus ouverts, qui profite à de nombreux insectes et petits mammifères.

Critères de qualité pour des peuplements intacts

La Liste rouge européenne identifie plusieurs caractéristiques qui distinguent les fourrés dunaires intacts et de grande valeur. Le tableau ci-dessous les résume.

Critère de qualitéSignification / explication
Structure dense et élevéeUn fourré bien développé, étagé, offre un habitat à de nombreuses espèces.
Diversité des espèces arbustivesUn mélange des espèces indigènes citées témoigne de la diversité naturelle des stations.
Absence d’espèces exotiquesEn particulier Rosa rugosa, les chalefs (Elaeagnus spp.) et les cornouillers non indigènes (Cornus spp.) devraient être absents dans la mesure du possible.
Faible proportion d’arbresLes arbres ne devraient être présents que de manière éparse, sans quoi la structure typique de fourré peut disparaître.
Présence d’oiseaux nicheursL’observation d’oiseaux de lisière typiques montre l’aptitude de l’habitat.
Ressources alimentaires pour les oiseaux migrateurs en automneUne abondance de baies et d’insectes soutient les oiseaux de passage.
Présence de champignons raresLes espèces fongiques associées au Salix repens et au monotrope indiquent un état proche de la nature et stable à long terme.

Menaces et protection

Même si le classement européen de la menace indique actuellement une « préoccupation mineure », des risques existent à l’échelon local. Dans certaines régions, comme en Angleterre, des fourrés dunaires ont été activement plantés par le passé et peuvent aujourd’hui concurrencer des pelouses dunaires et d’autres habitats ouverts de grande valeur. Des arbustes exotiques, en particulier le rosier rugueux (Rosa rugosa), se montrent parfois envahissants et éliminent la flore indigène. Les mesures de gestion devraient donc viser à conserver la diversité arbustive naturelle, à repousser les néophytes et à empêcher un embroussaillement ou un boisement excessif.

L’inclusion partielle dans les types d’habitats 2170 et 2160 de la directive Habitats oblige les États membres à désigner des aires protégées appropriées et à garantir un état de conservation favorable. Toutefois, sans un état de conservation homogène pour l’ensemble de B1.6, il n’est pas possible de dresser un tableau européen comparable à partir des données disponibles de l’article 17.

Lien avec les jardins et les communes

Les arbustes caractéristiques des fourrés dunaires côtiers – argousier, troène, nerprun, aubépine ou rosiers sauvages – sont des ligneux très appréciés dans les jardins naturels et les espaces verts communaux. Les planter à proximité de la mer peut favoriser des habitats pour les oiseaux et les insectes. Cependant, il est impossible de reproduire fidèlement l’écosystème dunaire complexe dans un jardin, car l’interaction entre la dynamique du sable, le régime de la nappe phréatique, les champignons spécifiques et les conditions climatiques régionales ne peut être recréée. En outre, si l’on plante en culture ornementale des espèces comme l’argousier ou le genêt à balais, il convient de veiller à utiliser des provenances locales et à éviter les néophytes tels que le rosier rugueux. Les communes, à proximité du littoral, peuvent contribuer au réseau écologique par des plantations adaptées au milieu, issues du cortège d’espèces indigènes, sans pour autant pouvoir remplacer les reliques dunaires naturelles.


FAQ

Qu’est-ce que les fourrés dunaires côtiers atlantiques et baltiques ? Il s’agit de formations arbustives naturelles dans les dunes côtières des rivages atlantiques et baltiques. Elles comprennent des fourrés bas à élevés sur dunes sèches et dans des dépressions humides, dont la composition varie selon la région climatique. Les espèces typiques sont l’argousier (Hippophae rhamnoides), le saule rampant des sables (Salix repens ssp. arenarius), l’ajonc d’Europe (Ulex europaeus) et beaucoup d’autres arbustes indigènes.

Quel est le statut de menace selon la Liste rouge européenne ? Dans la Liste rouge européenne des habitats, cet habitat est classé Least Concern (LC) – donc non menacé. Ce classement vaut aussi bien pour l’EU28 que pour la région EU28+ élargie. Les données disponibles ne mentionnent pas de critère de menace concret.

Quels types d’habitats de la directive Habitats couvrent ces fourrés ? Deux types de l’annexe I de la directive Habitats sont pertinents : 2170 (dunes à Salix repens ssp. argentea) et 2160 (dunes à Hippophae rhamnoides). Ils ne couvrent cependant qu’une partie du large spectre de B1.6. De nombreuses autres communautés arbustives, comme les fourrés mixtes ou les peuplements de saule cendré, ne sont pas concernées par ces deux codes.

Quelles espèces sont particulièrement typiques de cet habitat ? Outre l’argousier et les saules rampants qui dominent, l’aubépine, le troène, le nerprun, le sureau noir, les rosiers sauvages et les ronces caractérisent les fourrés. Dans les dépressions humides s’ajoutent des espèces de saules, et parmi les plantes herbacées, on remarque le monotrope sucepin et les pyroles. Des oiseaux nicheurs comme le rossignol philomèle ainsi qu’une flore fongique spécialisée sont également typiques.

Comment reconnaître des fourrés dunaires intacts ? Les peuplements intacts présentent une strate arbustive dense et élevée, une richesse en espèces arbustives indigènes, l’absence de néophytes (ex. rosier rugueux), une faible proportion d’arbres ainsi qu’une bonne disponibilité en nourriture pour les oiseaux nicheurs et migrateurs. La présence de champignons rares associés au saule rampant est un autre indicateur d’une qualité écologique élevée.


Sources

Häufige Fragen

Qu’est-ce que les fourrés dunaires côtiers atlantiques et baltiques ?

Il s’agit de formations arbustives naturelles dans les dunes côtières des rivages atlantiques et baltiques. Elles comprennent des fourrés bas à élevés sur dunes sèches et dans des dépressions humides, dont la composition varie selon la région climatique. Les espèces typiques sont l’argousier (Hippophae rhamnoides), le saule rampant des sables (Salix repens ssp. arenarius), l’ajonc d’Europe (Ulex europaeus) et beaucoup d’autres arbustes indigènes.

Quel est le statut de menace selon la Liste rouge européenne ?

Dans la Liste rouge européenne des habitats, cet habitat est classé Least Concern (LC) – donc non menacé. Ce classement vaut aussi bien pour l’EU28 que pour la région EU28+ élargie. Les données disponibles ne mentionnent pas de critère de menace concret.

Quels types d’habitats de la directive Habitats couvrent ces fourrés ?

Deux types de l’annexe I de la directive Habitats sont pertinents : 2170 (dunes à Salix repens ssp. argentea) et 2160 (dunes à Hippophae rhamnoides). Ils ne couvrent cependant qu’une partie du large spectre de B1.6. De nombreuses autres communautés arbustives, comme les fourrés mixtes ou les peuplements de saule cendré, ne sont pas concernées par ces deux codes.

Quelles espèces sont particulièrement typiques de cet habitat ?

Outre l’argousier et les saules rampants qui dominent, l’aubépine, le troène, le nerprun, le sureau noir, les rosiers sauvages et les ronces caractérisent les fourrés. Dans les dépressions humides s’ajoutent des espèces de saules, et parmi les plantes herbacées, on remarque le monotrope sucepin et les pyroles. Des oiseaux nicheurs comme le rossignol philomèle ainsi qu’une flore fongique spécialisée sont également typiques.

Comment reconnaître des fourrés dunaires intacts ?

Les peuplements intacts présentent une strate arbustive dense et élevée, une richesse en espèces arbustives indigènes, l’absence de néophytes (ex. rosier rugueux), une faible proportion d’arbres ainsi qu’une bonne disponibilité en nourriture pour les oiseaux nicheurs et migrateurs. La présence de champignons rares associés au saule rampant est un autre indicateur d’une qualité écologique élevée.

Quellen