Plans d'eau dormants mésotrophes à eutrophes à plantes vasculaires (EUNIS C1.1, C1.2, C1.3)
Les eaux stagnantes mésotrophes à eutrophes à plantes vasculaires sont des lacs et plans d’eau à écoulement très lent, naturellement riches en nutriments, avec des peuplements denses de plantes aquatiques submergées et flottantes. Elles sont classées sous les codes EUNIS C1.1, C1.2, C1.3, sont évaluées comme « Quasi menacé » (NT) sur la Liste rouge européenne des habitats et protégées par l’annexe I de la directive Habitats-Faune-Flore (codes 3150 et 31A0).
Einordnung
- Originalbezeichnung
- Mesotrophic to eutrophic waterbody with vascular plants
- EUNIS
- C1.1; C1.2; C1.3 – Permanent oligotrophic lakes, ponds and pools; Permanent mesotrophic lakes, ponds and pools; Permanent eutrophic lakes, ponds and pools
- EU-28
- Near Threatened
- EU-28+
- Near Threatened
- FFH-Anhang I
- 3150; 31A0 – Natural eutrophic lakes with Magnopotamion or Hydrocharition -type vegetation; * Transylvanian hot-spring lotus beds
L’essentiel en bref
Les eaux dormantes mésotrophes à eutrophes à plantes vasculaires regroupent des lacs, étangs et tronçons de rivières à écoulement très lent, caractérisés par une végétation dense de plantes aquatiques submergées et flottantes (macrophytes). Cet habitat est présent partout en Europe et se décline en trois sous-types selon la classification EUNIS : C1.1 (oligotrophe), C1.2 (mésotrophe) et C1.3 (eutrophe). La Liste rouge européenne des habitats le classe comme « Quasi menacé » (Near Threatened). Il est en outre protégé au titre de l’annexe I de la directive Habitats-Faune-Flore (DHFF) sous les codes 3150 (« Lacs eutrophes naturels avec végétation du Magnopotamion ou de l’Hydrocharition ») et 31A0 (« Sources thermales de Transylvanie à effet lotus », habitat prioritaire). Un bon état se reconnaît à une grande diversité de plantes aquatiques, à de faibles proliférations d’algues et à un régime nutritif équilibré.
Typologie et classification EUNIS
Cet habitat est couvert par le système d’information européen sur la nature (EUNIS) via les codes C1.1, C1.2 et C1.3 :
- C1.1 – Lacs, étangs et mares oligotrophes permanents
- C1.2 – Lacs, étangs et mares mésotrophes permanents
- C1.3 – Lacs, étangs et mares eutrophes permanents
Ces trois unités sont réunies ici parce qu’elles peuvent toutes être dominées par des plantes vasculaires et présentent des exigences écologiques proches – en particulier une charge naturelle en nutriments allant de mésotrophe à eutrophe, une eau claire à brune humique avec des teneurs en chlorophylle et en matières en suspension faibles à modérées. L’essentiel est que les nutriments soient principalement fixés dans les sédiments, l’eau libre restant relativement pauvre. Idéalement, la concentration en phosphore dans l’eau est inférieure à 1 µmol/L pendant la saison de végétation. Un apport excessif de nutriments (par ex. d’origine agricole) peut faire basculer l’habitat vers un état hypertrophe, entraînant l’effondrement de la végétation caractéristique de macrophytes.
La classification EUNIS assure le lien entre la typologie scientifique et les instruments européens de protection de la nature (directive Habitats, Liste rouge des habitats, rapports au titre de l’article 17 de la DHFF).
Liste rouge des habitats : Quasi menacé
La Liste rouge européenne des habitats, publiée par l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) et évaluée pour l’UE28 ainsi que pour l’UE28+, place l’habitat de macrophytes mésotrophes à eutrophes dans la catégorie Quasi menacé (NT – Near Threatened), c’est-à-dire potentiellement menacé. Cela signifie que l’habitat n’est pas encore en danger immédiat de disparition, mais que sa qualité et sa superficie régressent en maints endroits et qu’en cas de pression continue, un classement dans une catégorie de menace supérieure est à craindre. L’évaluation repose sur la perte de surface et les tendances négatives constatées dans les communautés d’espèces typiques.
Le classement en Liste rouge prend explicitement en compte l’ensemble du complexe C1.1–C1.3, y compris les fractions oligotrophes, lorsque des végétations de macrophytes méso- ou eutrophes sont présentes dans les mêmes pièces d’eau. Une évaluation séparée pour les eaux strictement oligotrophes sort du cadre de cet habitat.
Annexe I de la DHFF : 3150 et 31A0
L’habitat est protégé par deux entrées de l’annexe I de la directive Habitats-Faune-Flore :
| Code DHFF | Désignation | Remarque |
|---|---|---|
| 3150 | Lacs eutrophes naturels avec végétation du Magnopotamion ou de l’Hydrocharition | Couvre la plupart des eaux eutrophes et mésotrophes à riche végétation immergée. |
| 31A0 | * Sources thermales de Transylvanie à effet lotus | Habitat prioritaire (signalé par *). Concerne les émergences thermales de Roumanie abritant la variété endémique Nymphaea lotus var. thermalis. |
L’habitat prioritaire 31A0 se rapporte à l’aire de répartition naturelle de l’espèce est-africaine et sud-est asiatique Nymphaea lotus, qui en Europe n’existe que dans les sources thermales de la rivière Peța en Transylvanie (Roumanie) sous la forme de la variété endémique N. lotus var. thermalis. Ces peuplements font partie intégrante de l’habitat traité ici.
L’état de conservation au sens de l’article 17 de la DHFF n’est pas renseigné dans les données sources ; une évaluation par pays est réalisée dans le cadre des rapports nationaux.
Habitat et diversité typique
Espèces végétales caractéristiques
La végétation de macrophytes combine différentes formes de croissance :
- Plantes à feuilles flottantes (nymphéides) : p. ex. Nénuphar blanc (Nymphaea alba), Nénuphar nain (N. pumila), Nénuphar jaune (Nuphar lutea), Faux nénuphar (Nymphoides peltata).
- Plantes enracinées submergées : Potamots (Potamogeton natans, P. crispus, P. lucens et bien d’autres), Myriophylles (Myriophyllum spicatum, M. verticillatum), Potamot pectiné (Stuckenia pectinata), Renoncules aquatiques (Ranunculus sect. Batrachium), Callitriches (Callitriche palustris, C. stagnalis, etc.).
- Espèces flottant librement : Cornifle nageant (Ceratophyllum demersum), Utriculaires (Utricularia vulgaris, U. australis), Morène (Hydrocharis morsus-ranae), Aloès d’eau (Stratiotes aloides), Lentilles d’eau (Lemna spp., Wolffia arrhiza) – une prolifération massive de lentilles d’eau pouvant toutefois indiquer des conditions hypertrophes.
- Espèces thermophiles et rares : Faux nénuphar (Nymphoides peltata), Mâcre nageante (Trapa natans), Naïades (Najas marina, N. minor, N. flexilis) ainsi que des espèces menacées à l’échelle européenne comme Aldrovandie à vessies (Aldrovanda vesiculosa), Flûteau nageant (Caldesia parnassifolia), Alisma nageant (Luronium natans) et Potamot rougeâtre (Potamogeton rutilus).
Des mousses aquatiques telles que Riccia fluitans et Ricciocarpus natans peuvent également former des tapis flottants dans ces eaux.
Faune
La forte diversité structurale offerte par les herbiers denses accueille une multitude d’invertébrés : libellules (Odonates), chironomes et autres Diptères, amphipodes, isopodes, punaises aquatiques (Hétéroptères), bivalves, gastéropodes, coléoptères, planaires (Triclades), sangsues (Hirudinées) et oligochètes.
Parmi les vertébrés, on compte :
- Mammifères : Loutre d’Europe (Lutra lutra)
- Reptiles : Couleuvres aquatiques (Natrix spp.), Cistude d’Europe (Emys orbicularis)
- Amphibiens : Grenouilles vertes (Pelophylax spp.), grenouilles rousses (Rana spp.), Crapaud commun (Bufo bufo), Crapaud calamite (Bufo viridis)
- Oiseaux : De nombreuses espèces d’oiseaux d’eau comme le Fuligule milouin (Aythya ferina), le Fuligule morillon (A. fuligula), le Fuligule nyroca (A. nyroca), la Nette rousse (Netta rufina), le Canard chipeau (Anas strepera), le Canard colvert (A. platyrhynchos), la Guifette moustac (Chlidonias hybrida), la Mouette rieuse (Larus ridibundus), la Mouette pygmée (L. minutus), le Grèbe à cou noir (Podiceps nigricollis), le Grèbe esclavon (P. auritus), le Grèbe jougris (P. grisegena), le Grèbe huppé (P. cristatus), le Grèbe castagneux (Tachybaptus rufficollis), la Foulque macroule (Fulica atra), l’Échasse blanche (Himantopus himantopus), la Gallinule poule-d’eau (Gallinula chloropus), le Cygne tuberculé (Cygnus olor), le Cygne de Bewick (C. bewickii), le Cygne siffleur (C. colombianus), la Grande Aigrette (Ardea alba), le Héron cendré (A. cinerea), le Héron pourpré (A. purpurea), le Crabier chevelu (A. ralloides), le Grand Cormoran (Phalacrocorax carbo) et bien d’autres.
Indicateurs de bonne qualité et menaces typiques
Reconnaître un bon potentiel écologique
Les caractéristiques suivantes indiquent un état intact et proche de la nature :
- Peuplements denses et riches en espèces de macrophytes submergés et flottants
- Absence ou très faible présence de voiles d’algues libres ou fixées
- Faible proportion de roselières et d’espèces d’atterrissement comme le Roseau commun (Phragmites australis), les Massettes (Typha spp.), les Rubaniers (Sparganium spp.), la Glycérie aquatique (Glyceria maxima) ou les Scirpes (Schoenoplectus spp.) – leur développement indique un atterrissement ou une eutrophisation accrue.
- Concentrations en nutriments correspondant à des conditions méso- à eutrophes : environ 20–100 μg/L de phosphore total et 5–40 μg/L de chlorophylle a.
- Absence ou très rares espèces exotiques envahissantes – comme par exemple les Élodées (Elodea spp.), problématiques dans de nombreuses régions d’Europe, ou les hybrides de grands nénuphars.
- Pas de prolifération massive de lentilles d’eau (Lemna gibba, L. minor, Spirodela polyrhiza), signe d’un état hypertrophe.
- Eau claire sans turbidité excessive due aux algues ou aux matières en suspension.
- pH dans la plage faiblement acide à alcaline (pH 6–8).
- Pas d’accumulation excessive de vase organique ; une fine couche de détritus est normale dans les herbiers de nénuphars.
Les valeurs chimiques et physiques indiquées sont des ordres de grandeur ; elles peuvent varier selon la région et le climat.
Facteurs de menace
Les principales causes de régression de cet habitat proviennent de l’augmentation de la charge en nutriments (eutrophisation) qui peut dépasser le seuil de l’hypertrophie. Les macrophytes, exigeants en lumière, disparaissent alors à cause de la turbidité algale et de la compétition pour les nutriments. Parmi les autres menaces figurent :
- Les modifications hydrologiques (artificialisation des berges, drainage, prélèvements d’eau)
- L’introduction d’espèces animales et végétales non indigènes
- L’intensification des usages récréatifs (baignade, navigation de plaisance)
- Le changement climatique, qui entraîne une hausse des températures de l’eau et des régimes d’écoulement modifiés
Les données sources ne contiennent pas de liste spécifique des menaces ; les aspects mentionnés découlent des indicateurs de qualité et des relations écologiques générales.
Que signifient ces habitats pour les communes, l’aménagement et les jardins privés ?
À l’échelle du paysage, les eaux dormantes naturelles mésotrophes à eutrophes sont des biotopes protégés qu’il n’est pas possible de reconstituer à l’identique dans un jardin. Une mare de jardin plantée d’espèces aquatiques indigènes peut cependant reprendre certains éléments et offrir un refuge à des espèces communes comme le sonneur à ventre jaune, les libellules ou la grenouille verte – à condition qu’aucun apport de nutriments (nourriture pour poissons, engrais) ni aucune plante exotique ne soient introduits. Pour les communes et les aménageurs, la connaissance de cet habitat fournit une base précieuse pour concevoir des projets de renaturation, des bassins de rétention des eaux pluviales ou des zones tampons rivulaires de manière écologique. L’orientation vers la végétation locale et un régime nutritif adapté reste déterminante.
FAQ
-
Qu’entend-on par eaux dormantes mésotrophes à eutrophes à plantes vasculaires ?
Il s’agit de pièces d’eau stagnantes naturelles ou de tronçons à écoulement très lent dont la charge en nutriments est moyenne à élevée (mésotrophe à eutrophe) et qui sont dominés par des peuplements denses de plantes aquatiques submergées et flottantes. Les nutriments sont principalement fixés dans les sédiments, l’eau reste claire. -
Quels codes EUNIS couvrent cet habitat ?
Les codes EUNIS C1.1 (lacs oligotrophes permanents), C1.2 (lacs mésotrophes permanents) et C1.3 (lacs eutrophes permanents). Ensemble, ils constituent l’habitat décrit ici. -
Quel est le statut de protection de cet habitat au niveau européen ?
Il figure à l’annexe I de la directive Habitats-Faune-Flore sous les codes 3150 (Lacs eutrophes naturels avec végétation du Magnopotamion ou de l’Hydrocharition) et 31A0 (habitat prioritaire des sources thermales de Transylvanie). La Liste rouge européenne des habitats le classe comme « Quasi menacé » (Near Threatened). -
Quelles sont les espèces végétales caractéristiques de ces eaux ?
Les plantes à feuilles flottantes comme le Nénuphar blanc (Nymphaea alba) et le Nénuphar jaune (Nuphar lutea), les potamots submergés (Potamogeton spp.), les myriophylles (Myriophyllum spp.), le Cornifle nageant (Ceratophyllum demersum), les renoncules aquatiques (Ranunculus circinatus et autres) et les utriculaires (Utricularia spp.). -
Comment reconnaître une eau mésotrophe à eutrophe en bon état avec des macrophytes ?
Une eau intacte présente des herbiers denses et variés, très peu de voiles algaux, une eau claire, une faible proportion de plantes de roselière et aucune prolifération massive de lentilles d’eau. Les concentrations en nutriments se situent autour de 20–100 μg/L de phosphore et de 5–40 μg/L de chlorophylle.
Sources
Häufige Fragen
Qu’entend-on par eaux dormantes mésotrophes à eutrophes à plantes vasculaires ?
Il s’agit de pièces d’eau stagnantes naturelles ou de tronçons à écoulement très lent dont la charge en nutriments est moyenne à élevée (mésotrophe à eutrophe) et qui sont dominés par des peuplements denses de plantes aquatiques submergées et flottantes. Les nutriments sont principalement fixés dans les sédiments, l’eau reste claire.
Quels codes EUNIS couvrent cet habitat ?
Les codes EUNIS C1.1 (lacs oligotrophes permanents), C1.2 (lacs mésotrophes permanents) et C1.3 (lacs eutrophes permanents). Ensemble, ils constituent l’habitat décrit ici.
Quel est le statut de protection de cet habitat au niveau européen ?
Il figure à l’annexe I de la directive Habitats-Faune-Flore sous les codes 3150 (Lacs eutrophes naturels avec végétation du Magnopotamion ou de l’Hydrocharition) et 31A0 (habitat prioritaire des sources thermales de Transylvanie). La Liste rouge européenne des habitats le classe comme « Quasi menacé » (Near Threatened).
Quelles sont les espèces végétales caractéristiques de ces eaux ?
Les plantes à feuilles flottantes comme le Nénuphar blanc (Nymphaea alba) et le Nénuphar jaune (Nuphar lutea), les potamots submergés (Potamogeton spp.), les myriophylles (Myriophyllum spp.), le Cornifle nageant (Ceratophyllum demersum), les renoncules aquatiques (Ranunculus circinatus et autres) et les utriculaires (Utricularia spp.).
Comment reconnaître une eau mésotrophe à eutrophe en bon état avec des macrophytes ?
Une eau intacte présente des herbiers denses et variés, très peu de voiles algaux, une eau claire, une faible proportion de plantes de roselière et aucune prolifération massive de lentilles d’eau. Les concentrations en nutriments se situent autour de 20–100 μg/L de phosphore et de 5–40 μg/L de chlorophylle.