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EUNIS: C1.6Europäische Rote Liste: VulnerableFFH-Anhang I: 3170; 3120

Mares temporaires méditerranéennes (C1.6) : un habitat éphémère

Les mares temporaires méditerranéennes (code EUNIS C1.6) sont des pièces d'eau très peu profondes qui restent en eau uniquement en hiver et au début du printemps. Présentes dans le bassin méditerranéen, la partie chaude de la façade atlantique européenne et en Afrique du Nord, elles sont colonisées par une végétation pionnière éphémère (surtout des amphiphytes annuels et des géophytes comme les isoètes, les joncs et les lythrums). La Liste rouge européenne des habitats les classe comme Vulnérables. Elles sont protégées par l'annexe I de la directive Habitats sous les codes 3170 (*Mares temporaires méditerranéennes) et 3120.

Einordnung

Originalbezeichnung
Mediterranean temporary waterbody
EUNIS
C1.6 – Temporary lakes, ponds and pools
EU-28
Vulnerable
EU-28+
Vulnerable
FFH-Anhang I
3170; 3120 – * Mediterranean temporary ponds; Oligothrophic waters containing very few minerals generally on sandy soils of the West Mediterranean, with Isoetes spp

L'essentiel en bref

Les mares temporaires méditerranéennes (EUNIS C1.6) constituent un type d'habitat menacé à l'échelle européenne : des cuvettes et dépressions très peu profondes, en eau seulement de façon saisonnière, abritant une végétation éphémère hautement spécialisée. Elles s'assèchent complètement au printemps et hébergent une flore et une faune particulières – des petites isoètes (Isoetes) et des joncs nains (Juncus) jusqu'aux amphibiens et aux crustacés primitifs. Cet habitat fait partie intégrante, et prioritaire, du réseau européen de protection Natura 2000.

Données clés en un coup d'œil

CaractéristiqueDescription
Code EUNISC1.6 (Temporary lakes, ponds and pools)
Nom de l'habitatMediterranean temporary waterbody
Brève caractérisationMares oligotrophes très peu profondes, actives seulement en hiver et au printemps ; végétation pionnière dominée par des amphiphytes annuels et des géophytes semi-terrestres
Catégorie Liste rouge (Europe)Vulnérable – UE28 et UE28+
Codes DHFF Annexe I3170 (*Mares temporaires méditerranéennes) 3120 (Eaux oligotrophes très peu minéralisées sur sols généralement sableux de la Méditerranée occidentale à Isoetes spp.)
Régions biogéographiquesNon spécifiées dans les données sources
Aire de répartitionRégion méditerranéenne, façade atlantique chaude de l'Europe, Afrique du Nord
Ordre phytosociologiqueIsoetalia (communautés à isoètes)

Fiche EUNIS : Mares temporaires méditerranéennes (C1.6)

Le type d'habitat EUNIS C1.6 (« Temporary lakes, ponds and pools ») regroupe à l'échelle européenne un ensemble de zones humides extrêmement dynamiques. Il s'agit de mares très peu profondes, de cuvettes et de dépressions temporairement inondées, qui ne sont en eau quasiment qu'en hiver et au tout début du printemps. Avec l'arrivée de l'été méditerranéen, elles s'assèchent totalement. Les fonds sont généralement constitués de sables pauvres en nutriments (oligotrophes) et acides, ou parfois de substrats calcaires basiques, sur lesquels l'eau stagne quelques semaines à quelques mois ou maintient le sol saturé en permanence.

Ce qui caractérise ce milieu, c'est une végétation pionnière à durée de vie extrêmement courte et une existence entièrement saisonnière. Les plantes ont une phase de croissance aérienne visible d'à peine 1 à 3 mois. Elles doivent germer, croître, fleurir et fructifier avant la sécheresse estivale. Cette contrainte entraîne une dominance marquée :

  • d'amphiphytes annuels (thérophytes printaniers méditerranéens) qui germent dans l'eau et se reproduisent à sec (par ex. des espèces de Juncus, Lythrum, Elatine),
  • et de géophytes semi-terrestres qui survivent à la période sèche grâce à des organes souterrains (par ex. les isoètes du genre Isoetes, les sérapias Serapias).

La végétation est rattachée à l'ordre des Isoetalia et se subdivise en alliances Isoetion, Cicendion, Lythrion tribracteati, Preslion cervinae et Agrostion salmanticae. Parfois, des îlots humides temporaires apparaissent aussi sur des dômes rocheux, où les écoulements saisonniers créent des cônes de déjection humides.

Le facteur déterminant est un régime hydrologique totalement naturel, sans prélèvements importants, sans retenue ni remaniement du substrat.


Menaces et statut de protection

La Liste rouge européenne des habitats (European Red List of Habitats, évaluée pour UE28 et UE28+) classe les mares temporaires méditerranéennes dans la catégorie Vulnérable. Cela signifie que ce type d'habitat, sans mesures de protection et de gestion adaptées, présente un risque accru de passer à une catégorie de menace supérieure ou de disparaître régionalement.

Dans le droit européen Natura 2000, l'habitat est couvert par deux codes de l'annexe I de la directive Habitats :

  • 3170 – Mares temporaires méditerranéennes
    Cet habitat prioritaire (
    = prioritaire) englobe explicitement les mares éphémères à phase humide hivernale des régions méditerranéennes et atlantiques chaudes.
  • 3120 – Eaux oligotrophes très peu minéralisées sur sols généralement sableux de la Méditerranée occidentale, à Isoetes spp.
    Ici sont spécifiquement visées les eaux stagnantes pauvres en nutriments, sur sable, de la Méditerranée occidentale, caractérisées par la présence d'isoètes (Isoetes).

L'état de conservation actuel au titre du rapportage de l'article 17 n'est pas renseigné dans les données sources (aucune classification spécifique de l'article 17 n'est incluse dans ce jeu de données). L'absence d'une évaluation globale publiée au niveau européen souligne l'importance des cartographies régionales et des efforts de protection. Dans la pratique, les populations régressent sous l'effet de nombreuses pressions.


Flore et faune typiques – un habitat éphémère

La flore caractéristique comprend une multitude d'espèces hautement spécialisées et peu compétitives. La liste suivante cite quelques-unes des plantes vasculaires et mousses mentionnées dans les données sources :

Plantes vasculaires (sélection)

  • Espèces d'Isoetes : I. duriei, I. heldreichii, I. histrix, I. setacea, I. velata et autres
  • Espèces de Juncus : J. bufonius, J. capitatus, J. pygmaeus, J. tenageia
  • Espèces de Lythrum : L. castellanum, L. flexuosum, L. thymifolia, L. tribracteatum
  • Espèces d'Elatine : E. gussonei, E. macropoda
  • Autres : Damasonium alisma, Cicendia filiformis, Mentha cervina, Serapias lingua, Pilularia minuta, Ranunculus batrachioides et bien d'autres

Mousses (sélection)

  • Calliergon cuspidatum, Drepanocladus fluitans, Eurhynchium striatum, Riccia spp.

Ces espèces sont indicatrices de micro-milieux aquatiques intacts, ouverts, ensoleillés et sans ligneux. Elles réagissent de manière extrêmement sensible aux apports de nutriments, à l'ombrage ou à la modification du régime hydrique.

Faune
Ces milieux ont une importance majeure pour les petits invertébrés et les amphibiens :

  • Amphibiens : divers tritons (Triturus), discoglosses (Discoglossus), alytes (Alytes), crapauds (Bufo), rainettes (Hyla) et grenouilles vertes (Rana perezi, Rana kl. grafi) utilisent ces pièces d'eau précoces comme sites de ponte.
  • Branchiopodes : parmi les « crustacés primitifs », on trouve des genres comme Branchypus, Chirocephalus, Linderiella, Streptocephalus, Tanymastigites ainsi que les branchiopodes vrais Lepidurus apus, Triops cancriformis et des conchostracés (Cyzicus).
  • Libellules : les données sources mentionnent explicitement ce groupe d'insectes comme important, même si aucune espèce particulière n'est citée.

La très courte période en eau rend les animaux tout aussi vulnérables que les plantes. La moindre perturbation du régime hydrologique ou un apport de substances chimiques peut détruire l'ensemble de la biocénose.


Indicateurs de qualité et menaces

La Liste rouge européenne des habitats énumère une série d'indicateurs de qualité signalant un état de conservation favorable. En même temps, ils donnent des indications sur les menaces principales. Sont considérés comme critères de qualité :

  • Zonation végétale nette parallèle aux fluctuations du niveau d'eau
  • Régime hydrologique naturel sans interventions notables (pas de buses, de digues, de prélèvement de sol ou de gravier)
  • Fort ensoleillement de l'habitat, pas d'ombrage par des ligneux
  • Proportion élevée d'espèces annuelles méditerranéennes et de géophytes
  • Substrat non perturbé (pas de piétinement excessif)
  • Eau claire sans signes d'eutrophisation
  • Pas ou très peu d'embroussaillement, pas d'apparition de roselières ou de plantes aquatiques flottantes (pleuston)
  • Absence de dépôts de déchets
  • Absence de pollution par des pesticides ou des polluants
  • Pas d'apparition significative d'espèces nitrophiles, rudérales ou de néophytes invasives

Menaces pouvant en être déduites La liste officielle des menaces n'étant pas contenue dans les données sources, on peut déduire des indicateurs de qualité les facteurs de risque typiques :

  1. Perturbations hydrologiques : prélèvement d'eau pour l'agriculture ou le tourisme, drainage, mise en barrage, abaissement de la nappe phréatique.
  2. Apports de nutriments et de polluants : lessivage d'engrais agricoles, eaux usées, pesticides.
  3. Succession et ombrage : installation de ligneux, d'hélophytes de grande taille (par ex. le roseau), qui modifient le microclimat et les conditions lumineuses.
  4. Dégradations mécaniques : dégâts de piétinement par le bétail ou la fréquentation de loisirs, passages de véhicules, dépôts de gravats ou de déchets.
  5. Espèces invasives : néophytes et plantes rudérales nitrophiles qui concurrencent la végétation pionnière oligotrophe et peu compétitive.

Ces facteurs expliquent pourquoi, malgré une protection juridique formelle, cet habitat continue de régresser en de nombreux endroits.


Importance pour la protection de la nature et des espèces

Les mares temporaires méditerranéennes ne sont pas de simples « flaques », mais des points chauds de biodiversité parmi les zones humides européennes. Leur importance tient à :

  • Une histoire de vie unique : l'adaptation extrême à l'alternance de phases humides et sèches a engendré de nombreuses espèces végétales et animales endémiques ou à distribution biogéographique très restreinte.
  • Une fonction de corridor écologique : le réseau de multiples petites mares dans les milieux ouverts sert de réseau de sites de ponte pour les amphibiens et assure la survie des populations de tritons, grenouilles et crapauds.
  • Des crustacés primitifs : beaucoup de branchiopodes ne peuvent aujourd'hui survivre que dans ces habitats et comptent parmi les organismes pluricellulaires les plus anciens au mode de vie inchangé.
  • Des refuges climatiques : dans les paysages à sécheresse estivale, les zones humides hivernales offrent nourriture et possibilités de reproduction à des animaux qui ne peuvent pas exploiter les autres zones humides à temps.

Les mesures de protection doivent donc prendre en compte l'ensemble du bassin versant hydrologique. Un lien avec les jardins ou le contexte communal est envisageable, sans qu'il s'agisse d'une reproduction à l'identique, interdite, de cet habitat protégé au niveau européen. De petites pièces d'eau en ville peuvent néanmoins remplir des fonctions analogues si elles :

  • restent en eau durant la période hivernale,
  • s'assèchent naturellement en été selon l'espèce,
  • sont exemptes de poissons, d'engrais et de pesticides,
  • et bénéficient d'un bon ensoleillement.

De tels aménagements favorisent au moins une partie de la flore et de la faune indigènes des milieux temporaires et peuvent jouer le rôle de relais locaux.


FAQ

  1. Qu'entend-on par mares temporaires méditerranéennes ?
    Il s'agit de cuvettes et de dépressions très peu profondes, oligotrophes, qui sont en eau uniquement en hiver et au début du printemps, puis s'assèchent totalement en été (EUNIS C1.6).

  2. Quelles sont les plantes caractéristiques ?
    Surtout des amphiphytes annuels et des géophytes semi-terrestres comme les espèces d'Isoetes (isoètes), Juncus bufonius, des Lythrum, Damasonium alisma et Serapias. Leur phase de croissance est extrêmement courte (1 à 3 mois).

  3. Quel est le statut de menace de cet habitat ?
    La Liste rouge européenne des habitats le classe comme Vulnérable. Au niveau de l'UE, l'habitat est protégé par les codes de l'annexe I de la directive Habitats 3170 (*prioritaire) et 3120.

  4. Quels groupes d'animaux sont particulièrement importants ?
    Ces mares sont des sites de ponte pour les amphibiens tels que les tritons (Triturus), les crapauds (Bufo), les rainettes (Hyla) et les grenouilles vertes (Rana perezi). Elles abritent également des crustacés primitifs spécialisés (branchiopodes ; ex. Triops, Lepidurus, Streptocephalus) et des libellules.

  5. Peut-on recréer ce type d'habitat dans son jardin ?
    Une copie conforme n'est pas possible, car il s'agit d'un habitat prioritaire protégé par le droit européen et soumis à des conditions stationnelles très spécifiques. Cependant, de petites pièces d'eau naturelles, en eau l'hiver et s'asséchant l'été, peuvent remplir des fonctions partielles similaires et aider la faune et la flore locales.


Sources

Häufige Fragen

Qu'entend-on par mares temporaires méditerranéennes ?

Il s'agit de cuvettes et de dépressions très peu profondes, oligotrophes, qui sont en eau uniquement en hiver et au début du printemps, puis s'assèchent totalement en été (EUNIS C1.6).

Quelles sont les plantes caractéristiques ?

Surtout des amphiphytes annuels et des géophytes semi-terrestres comme les espèces d'Isoetes (isoètes), Juncus bufonius, des Lythrum, Damasonium alisma et Serapias. Leur phase de croissance est extrêmement courte (1 à 3 mois).

Quel est le statut de menace de cet habitat ?

La Liste rouge européenne des habitats le classe comme Vulnérable. Au niveau de l'UE, l'habitat est protégé par les codes de l'annexe I de la directive Habitats 3170 (prioritaire) et 3120.

Quels groupes d'animaux sont particulièrement importants ?

Ces mares sont des sites de ponte pour les amphibiens tels que les tritons (Triturus), les crapauds (Bufo), les rainettes (Hyla) et les grenouilles vertes (Rana perezi). Elles abritent également des crustacés primitifs spécialisés (branchiopodes ; ex. Triops, Lepidurus, Streptocephalus) et des libellules.

Peut-on recréer ce type d'habitat dans son jardin ?

Une copie conforme n'est pas possible, car il s'agit d'un habitat prioritaire protégé par le droit européen. De petites pièces d'eau naturelles, en eau l'hiver et s'asséchant l'été, peuvent cependant remplir des fonctions partielles similaires.

Quellen