Dunes grises atlantiques et baltiques – Habitat de pelouses dunaires côtières (EUNIS B1.4, DHFF 2130)
Les dunes grises atlantiques et baltiques (code EUNIS B1.4) sont des pelouses dunaires et des landes à sous-arbrisseaux stables ou semi-stables des côtes européennes. Elles abritent une grande diversité de graminées, d’herbacées, de mousses et de lichens, et sont protégées en tant qu’habitat d’intérêt communautaire prioritaire 2130 de la Directive Habitats. La Liste rouge européenne des habitats les classe comme « Vulnérables » (Vulnerable).
Einordnung
- Originalbezeichnung
- Atlantic and Baltic coastal dune grassland (grey dune)
- EUNIS
- B1.4 – Coastal stable dune grassland (grey dunes)
- EU-28
- Vulnerable
- EU-28+
- Vulnerable
- FFH-Anhang I
- 2130 – * Fixed coastal dunes with herbaceous vegetation (grey dunes)
L’essentiel en bref
Code EUNIS : B1.4 – Coastal stable dune grassland (grey dunes)
Code DHFF : 2130 – * Dunes côtières fixées à végétation herbacée (dunes grises)
Menace (Liste rouge) : Vulnérable (Vulnerable) – UE28 & UE28+
Répartition : côte atlantique du sud de la Norvège au Portugal, îles Britanniques, Irlande, marginalement Islande ; côte baltique
Description succincte : sables dunaires secs, pauvres en calcaire à légèrement calcaires, avec une végétation en partie lacunaire de graminées, d’herbacées, de mousses et de lichens. La dynamique naturelle (vent, embruns, stress hydrique, activité des lapins) et un pâturage extensif traditionnel maintiennent l’ouverture et la biodiversité.
Type EUNIS B1.4 : Coastal stable dune grassland (grey dunes)
Les dunes grises sont un type d’habitat européen des dunes côtières stabilisées ou semi-stabilisées. Le code EUNIS B1.4 regroupe ces communautés sous l’appellation « Coastal stable dune grassland ». Elles forment une mosaïque de pelouses rases, de tapis d’herbacées et parfois de couvertures denses de lichens ou de mousses. La sécheresse, la pauvreté en nutriments et les apports occasionnels de sable éolien caractérisent ces stations et favorisent une flore et une faune spécialisées.
L’appellation « dune grise » vient de la teinte souvent gris-vert de la végétation, due notamment aux lichens et à des graminées comme la laîche des sables (Carex arenaria) ou la fétuque filiforme (Festuca filiformis). Selon la région climatique et les propriétés du sol – d’acide à légèrement calcaire – le cortège floristique varie fortement. Dans l’aire méridionale (du sud-ouest de la France au Portugal), apparaissent des espèces endémiques de l’ordre des Crucianelletalia, inféodées aux dunes littorales.
Annexe I de la Directive Habitats : type prioritaire 2130
Cet habitat figure en tant qu’habitat d’intérêt communautaire prioritaire de la Directive Habitats :
* Dunes côtières fixées à végétation herbacée (dunes grises) (code 2130). L’astérisque indique le besoin particulier de protection à l’échelle européenne. Cela signifie que les États membres de l’UE sont tenus de désigner des aires protégées et de garantir un état de conservation favorable. L’état de conservation concret selon le rapport au titre de l’article 17 n’est pas fourni dans les données sources. Une évaluation nationale par pays peut être consultée dans les rapports nationaux correspondants.
Liste rouge européenne des habitats – classement du risque
La Liste rouge européenne des habitats (terrestres, 2022) évalue le type B1.4 comme Vulnérable (Vulnerable) pour l’ensemble de l’UE (UE28 et UE28+). Les principales causes sont :
- la succession naturelle vers des fourrés (argousier, saule rampant) et des boisements (chênes, pins)
- l’enfrichement par des graminées hautes comme le calamagrostide commun (Calamagrostis epigejos) sous l’effet d’un enrichissement en nutriments
- l’eutrophisation due aux dépôts atmosphériques d’azote et à la fréquentation humaine (piétinement, apports de nutriments)
- l’invasion par la mousse exotique Campylopus introflexus
- le déclin du pâturage traditionnel par les bovins et les ovins ; localement aussi le recul des populations de lapins suite à des maladies
La catégorie de menace se réfère à la tendance à l’échelle européenne. Localement, certains massifs dunaires dynamiques de grande superficie peuvent encore abriter des dunes grises de bonne qualité.
Habitat et écologie
Les dunes grises dérivent des dunes blanches et des avant-dunes primaires dès lors que le sable se stabilise et qu’un sol superficiel sec et pauvre en humus se développe. Les caractéristiques sont les suivantes :
- microclimat extrême avec une forte amplitude thermique jour-nuit
- faible disponibilité en eau car les précipitations s’infiltrent rapidement dans le sable
- apports de sel par les embruns et le vent marin
- perturbations par des animaux fouisseurs (lapins) ou par des apports éoliens occasionnels
Ces facteurs limitent les plantes compétitives et favorisent les spécialistes. La diversité spécifique est élevée : outre des espèces communes aux pelouses sableuses sèches, de nombreux chaméphytes et thérophytes spécifiques du littoral sont présents. Dans les formes bien conservées, les lichens des genres Cladonia, Cladina et Cetraria dominent, de même que des mousses comme Tortula ruraliformis et Brachythecium albicans.
Indicateurs de qualité d’une dune grise intacte
Le tableau suivant résume les caractéristiques citées par la Liste rouge pour de bons peuplements – qui varient toutefois d’une région à l’autre.
| Critère | Description |
|---|---|
| Richesse spécifique élevée | Nombreuses plantes vasculaires, mousses et lichens typiques |
| Espèces rares/menacées | Présence d’espèces indicatrices des Crucianelletalia ou d’orchidées comme Anacamptis pyramidalis |
| Faible présence d’espèces invasives ou nitrophiles | Pas de dominance de Campylopus introflexus ou d’espèces rudérales |
| Taux de recouvrement des lichens élevé (dans certaines variantes) | Les Cladonia et Cladina forment des tapis denses |
| Structure de végétation basse | Hauteur de la végétation généralement inférieure à 20 cm |
| Peu d’enfrichement par des graminées hautes | Absence de pullulation de Calamagrostis epigejos, Ammophila arenaria |
| Faible embroussaillement | Part d’Hippophae rhamnoides, Salix repens ou Prunus serotina réduite |
| Présence de la faune typique | Oiseaux nicheurs comme l’œdicnème criard (Burhinus oedicnemus), le traquet motteux (Oenanthe oenanthe) ou le lézard des souches (Lacerta agilis) |
Une imbrication en mosaïque de milieux ouverts avec quelques buissons bas peut toutefois être favorable à certaines espèces d’oiseaux et est souhaitable à l’échelle du paysage.
Espèces végétales et animales typiques
Flore (sélection)
Plantes vasculaires :
Agrostis capillaris, Aira praecox, Anthyllis vulneraria subsp. maritima, Anacamptis pyramidalis, Carex arenaria, Corynephorus canescens, Crucianella maritima (sud), Dianthus arenarius, Eryngium campestre, Festuca rubra, F. filiformis, Galium verum, Jasione montana, Koeleria albescens, Ononis repens, Sedum acre, Silene otites, Thymus serpyllum aggr., Viola rupestris.
Dans le Sud, s’ajoutent des espèces méditerranéennes et endémiques des genres Helichrysum, Erodium, Linaria, etc.
Mousses :
Brachythecium albicans, Tortula ruraliformis ; dans l’espace baltique également Racomitrium canescens, Ceratodon purpureus, Polytrichum juniperinum.
Lichens :
Cetraria spp., Cladina spp., Cladonia spp., Peltigera spp.
Faune
| Groupe animal | Espèces caractéristiques |
|---|---|
| Mammifères | Lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus) – facteur de perturbation important par son activité de fouissage |
| Oiseaux | Œdicnème criard (Burhinus oedicnemus), traquet motteux (Oenanthe oenanthe), tadorne de Belon (Tadorna tadorna) |
| Reptiles | Lézard des souches (Lacerta agilis) |
| Insectes (papillons diurnes) | Argynnis niobe, Issoria lathonia, Mesoacidalia aglaja |
| Autres groupes d’insectes | Nombreux carabidés (Coleoptera), orthoptères (Saltatoria), fourmis (Formicidae), abeilles & guêpes (Hymenoptera) |
L’entomofaune est exceptionnellement diversifiée et comprend de nombreuses espèces thermophiles.
Répartition et particularités régionales
Le type d’habitat s’étend le long des côtes atlantique et baltique de l’Europe, du sud de la Norvège jusqu’au centre du Portugal environ. Les îles Britanniques, l’Irlande et quelques stations isolées d’Islande sont également incluses. Sur les côtes rocheuses, les dunes grises sont souvent cantonnées aux embouchures de fleuves et aux petites accumulations sableuses. Dans les grands systèmes dunaires soumis à de fortes marées, elles peuvent former des complexes très étendus.
La liste précise des pays n’est pas donnée dans les données sources. Les listes rouges régionales et les rapports au titre de la Directive Habitats fournissent des informations détaillées sur leur présence au Danemark, en Allemagne, aux Pays-Bas, en France, au Portugal, en Espagne, au Royaume-Uni, en Irlande et dans d’autres États.
Menaces et protection
Outre la succession naturelle, il existe des menaces anthropiques importantes :
- Eutrophisation par les polluants atmosphériques ou la fréquentation touristique intensive (dégâts de piétinement, apports de nutriments)
- Embuissonnement et enfrichement dus à l’absence de pâturage
- Espèces exotiques envahissantes : notamment la mousse Campylopus introflexus peut devenir invasive dans les pelouses ouvertes
- Boisement avec des pins ou plantation de Prunus serotina
- Urbanisation et ouvrages de défense côtière qui entravent la dynamique dunaire
En tant que type d’habitat prioritaire de la Directive Habitats, les dunes grises sont soumises à un régime de protection strict. Les mesures de conservation nécessaires incluent :
- un pâturage extensif par des bovins ou des ovins (en recul dans certaines régions)
- dans certains cas, une fauche pour contenir les ligneux et les graminées hautes
- l’élimination des ligneux invasifs (Prunus serotina) et des mousses exotiques
- la canalisation des visiteurs pour éviter le piétinement
Les actions d’entretien doivent prendre en compte la dynamique naturelle, de manière à préserver la mosaïque associant dunes grises ouvertes, fourrés et placages de sable nu en tant que complexe d’habitats.
Lien avec les jardins et les communes
Il n’est pas possible de reproduire une véritable dune grise avec tout son cortège d’espèces dans un jardin privé. Cependant, des éléments de pelouse sableuse sèche et de plantes littorales résistantes à la sécheresse peuvent servir de modèle pour des jardins naturels sur sol sableux. Dans les communes littorales, les reliquats de dunes grises constituent des biotopes relais précieux. Leur préservation peut être encouragée par l’entretien paysager local, une fauche adaptée et l’élimination des néophytes. Les associations de protection de la nature ou les plans de gestion Natura 2000 fournissent des informations à ce sujet.
Sources
- European Red List of Habitats (EEA, 2022)
- Classification EUNIS – B1.4
- Navigateur de la Liste rouge EUNIS
- Directive Habitats : types d’habitats
- Base de données Article 17 de l’EEA
- EEA Data Share : dossier Liste rouge enrichi
La description et les listes d’espèces s’appuient sur les données officielles EUNIS et de la Liste rouge. L’état de conservation Article 17 n’a pas été repris des données fournies car il n’était pas renseigné.
Häufige Fragen
Qu’est-ce qu’une dune grise selon la classification EUNIS ?
Les dunes grises sont des pelouses dunaires côtières stables ou semi-stables (EUNIS B1.4) des côtes atlantique et baltique, caractérisées par des graminées, des herbacées, des mousses et des lichens.
Quel est le degré de menace du type d’habitat dans la Liste rouge européenne ?
Le type B1.4 est classé comme « Vulnérable » (Vulnerable) – à la fois pour l’UE28 et l’UE28+ (Liste rouge européenne des habitats 2022).
Quel est le code DHFF de l’habitat des dunes grises ?
Dans l’annexe I de la Directive Habitats, il figure en tant qu’habitat prioritaire 2130 « * Dunes côtières fixées à végétation herbacée (dunes grises) ».
Quelles espèces végétales typiques trouve-t-on dans les dunes grises ?
Parmi les plantes vasculaires caractéristiques, on trouve la laîche des sables (Carex arenaria), la canche blanchâtre (Corynephorus canescens), la jasione des montagnes (Jasione montana) ou l’anthyllide maritime (Anthyllis vulneraria subsp. maritima) ; s’y ajoutent de nombreuses mousses comme Brachythecium albicans et des lichens des genres Cladonia et Cladina.
Qu’est-ce qui menace particulièrement les dunes grises ?
Les principales menaces sont la succession naturelle vers les fourrés, l’enfrichement par apports de nutriments, l’invasion par la mousse Campylopus introflexus et le déclin du pâturage traditionnel ovin et bovin.