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EUNIS: G2.3Europäische Rote Liste: VulnerableFFH-Anhang I: 9360

G2.3 Forêts de lauriers macaronésiennes – Gros plan sur le type d’habitat EUNIS

Le type d’habitat EUNIS G2.3 correspond aux forêts sempervirentes de lauriers des îles macaronésiennes (Açores, Madère, Canaries). Relique du Miocène subtropical, il est classé « Vulnérable » sur la Liste rouge européenne des habitats. L’annexe I de la Directive Habitats le référence sous le code prioritaire 9360. Ces forêts abritent jusqu’à 20 espèces d’arbres endémiques et servent d’habitat à des oiseaux rares comme le complexe des pigeons de lauriers de Madère.

Einordnung

Originalbezeichnung
Macaronesian laurophyllous woodland
EUNIS
G2.3 – Macaronesian laurel woodland
EU-28
Vulnerable
EU-28+
Vulnerable
FFH-Anhang I
9360 – * Macaronesian laurel forests (Laurus, Ocotea)

EUNIS G2.3 – Forêts de lauriers macaronésiennes

L’essentiel en bref

  • Code EUNIS : G2.3 (Macaronesian laurel woodland)
  • Description : Forêts sempervirentes dominées par des Lauracées, établies dans la zone de nuages persistants, hors gel, des îles macaronésiennes
  • Répartition : Exclusivement aux Açores, à Madère et aux îles Canaries ; les listes détaillées de pays et régions ne figurent pas dans les données sources
  • Taille et structure : Canopée atteignant plus de 30 m de haut ; croissance dense, multicaule ; forêts très productives, riches en endémiques
  • Menace (Liste rouge européenne) : Vulnérable – aussi bien pour l’UE28 que pour l’UE28+
  • Directive Habitats-Faune-Flore (DHFF) : Annexe I, type d’habitat prioritaire code 9360 (* Forêts macaronésiennes de lauriers (Laurus, Ocotea))
  • État de conservation selon l’article 17 : non renseigné dans le présent jeu de données
  • Oiseaux caractéristiques : Pigeons de lauriers (Columba trocaz, C. bollii, C. junoniae) et Bouvreuil des Açores (Pyrrhula murina)
  • Note à l’attention des jardiniers : Il est impossible de reproduire cet habitat au jardin en raison de ses exigences stationnelles extrêmes (climat de forêt de nuages toujours humide et hors gel) ; cette remarque sert à situer les interrelations écologiques.

Qu’est-ce que le type d’habitat EUNIS G2.3 ?

Le code EUNIS G2.3 désigne les forêts de lauriers macaronésiennes, également appelées Laurisilva ou « forêt pluviale atlantique ». Il s’agit d’un type forestier sempervirent dominé par différentes espèces de lauriers et par des ligneux à feuilles de laurier. Il ne pousse que sur les îles macaronésiennes – les Açores, Madère et les îles Canaries – à des altitudes comprises entre 500 et 1 500 m. Ces peuplements sont inféodés à un climat hors gel, hyperhumide à humide, propre à la zone supérieure des nuages, et tirent une grande part de leur alimentation en eau de l’épais brouillard et des précipitations occultes.

Cet habitat est considéré comme la relique la plus complexe et la plus impressionnante de la végétation subtropicale du Miocène et du Pliocène en Europe méridionale. Il y a des millions d’années, des forêts analogues couvraient de vastes portions du bassin méditerranéen ; aujourd’hui elles ne subsistent que sur les versants exposés au vent et aux nuages des îles macaronésiennes. Dans le système EUNIS, elles sont classées parmi les habitats forestiers terrestres.

Les forêts de lauriers macaronésiennes dans la Liste rouge européenne

La Liste rouge européenne des habitats (Red List of Habitats, état 2022) évalue l’habitat G2.3 comme Vulnérable. Cette appréciation vaut à la fois pour le territoire de l’UE28 et pour la région élargie UE28+, qui inclut les archipels macaronésiens voisins. La vulnérabilité résulte de la disparition historique et actuelle de grandes surfaces forestières, de la fragmentation des peuplements restants et de l’expansion d’espèces végétales invasives.

La Liste rouge européenne s’appuie sur des données exhaustives fournies par l’Agence européenne pour l’environnement (AEE). Pour le présent habitat, aucune liste détaillée de pays ou de régions biogéographiques ne figure dans les données sources ; toutes les indications géographiques proviennent de la description succincte de l’habitat. Aucun suivi spécifique au titre de l’article 17 (rapportage DHFF) n’a été associé aux données G2.3 lors de l’élaboration de ce jeu de données.

Annexe I de la DHFF et statut de protection

Les forêts de lauriers macaronésiennes sont inscrites à l’annexe I de la Directive Habitats-Faune-Flore (92/43/CEE) en tant que type d’habitat prioritaire. Elles portent le code 9360 et la dénomination officielle « * Forêts macaronésiennes de lauriers (Laurus, Ocotea) ».

En tant qu’habitat prioritaire, cela signifie que les États membres de l’UE sont tenus de prendre des mesures particulières de protection et de conservation – concrètement le Portugal pour les Açores et Madère, ainsi que l’Espagne pour les îles Canaries. Une évaluation précise de l’état de conservation à l’échelle de l’UE issue du processus de l’article 17 n’est pas fournie dans les données sources ; le classement « Vulnérable » de la Liste rouge comble provisoirement cette lacune au niveau européen, dans l’attente d’une mise à jour des données officielles de rapportage.

L’habitat insulaire : climat, structure et variantes

Les forêts de lauriers se développent sur des sols profonds et constamment humides des versants abrupts, qui restent humides tout au long de l’année grâce, surtout, aux apports du brouillard. L’humidité décroît du nord au sud à l’intérieur des archipels, et la topographie locale joue un grand rôle, en particulier à Madère et dans les Canaries occidentales, pour l’exposition aux nuages.

Elles sont caractérisées par des arbres multicaule, rejetant facilement, dont la canopée dépasse 30 m de haut. La forte productivité permet la coexistence de jusqu’à 20 espèces d’arbres sur quelques hectares. Contrairement aux forêts macaronésiennes de bruyères arborescentes à Ericaceae (G2.7), la strate arborée est ici dominée par des essences à feuilles de laurier ; la strate arbustive peut également être riche en ligneux endémiques. S’y ajoutent des plantes grimpantes, des fougères et, surtout, des mousses épiphytes – notamment de nombreuses hépatiques – qui jouent un rôle majeur dans le bilan hydrique.

Les formes varient fortement selon le climat local :

  • Subhumide : Sur les versants sud, avec seulement 500 mm de précipitations annuelles et une faible influence des nuages (par ex. les communautés du Visneo-Apollonion et de l’Ixantho-Laurion canarien)
  • Humide : 800–1 200 mm de précipitations, rayonnement solaire et températures atténués par le brouillard (comme le Dryopterido-Laurion des Açores)
  • Hyperhumide : Plus de 1 500 mm de précipitations et brouillard dense toute l’année sur les pentes montagneuses de Madère et des Açores (par ex. Sibthorpio-Clethrion)

En raison du fort endémisme insulaire, les combinaisons d’espèces concrètes diffèrent souvent, même entre îles voisines. Dans les stations côtières des Açores, la composition peut être altérée par des espèces introduites comme Pittosporum undulatum (Myrico-Pittosporion).

Diversité caractéristique des espèces

La richesse spécifique de ces forêts est remarquable. Elle englobe aussi bien les arbres et arbustes de la canopée qu’une végétation au sol abondante et des oiseaux spécialisés.

GroupeEspèces typiques (sélection)Remarques
Arbres de la canopéeLaurus azorica, L. novocanariensis, Myrica faya, Ocotea foetens, Persea indica, Apollonias barbujana, Clethra arborea, Erica arborea, Ilex canariensis, Picconia excelsa, Viburnum tinusJusqu’à 20 espèces sur quelques hectares ; nombreuses endémiques insulaires
Strate arbustive/sous-boisIsoplexis canariensis, Ixanthus viscosus, Frangula azorica, Prunus lusitanica, Ruscus streptophyllusSouvent multicaule, tolérantes à l’ombre
Fougères et graminéesAsplenium onopteris, Dryopteris oligodonta, Woodwardia radicans, Diplazium caudatum, Pteridium aquilinumHygrophiles, frondes parfois immenses
ÉpiphytesPrincipalement mousses et hépatiquesDéterminants pour l’interception et l’absorption de l’eau du brouillard
Oiseaux caractéristiquesColumba trocaz (Pigeon trocaz), C. bollii (Pigeon de Bolle), C. junoniae (Pigeon de Junon), Pyrrhula murina (Bouvreuil des Açores)Certaines espèces n’existent que dans ces forêts

Les pigeons des lauriers des Açores, de Madère et des Canaries dépendent des ressources en fruits et graines des forêts de lauriers et sont considérés comme d’excellents indicateurs de la qualité de l’habitat. L’entomofaune, très riche, est également typique, bien que non détaillée dans le jeu de données source.

Indicateurs de qualité des forêts de lauriers intactes

Pour l’évaluation de la conservation et le suivi, la Liste rouge définit plusieurs indicateurs de qualité :

  • Intégrité structurelle et floristique : Pas de régénération secondaire après des interventions radicales (p. ex. coupe rase) ; absence de la phase dense et impénétrable qui peut survenir après l’abandon d’une utilisation
  • Peuplements étendus et non morcelés : La fragmentation et l’isolement affaiblissent les populations et favorisent les invasions de lisière
  • Absence de dégâts d’incendie : Les forêts canariennes subhumides sont particulièrement sensibles au feu ; les incendies tuent les vieux arbres creux et détruisent bois mort et litière
  • Absence de néophytes envahissants : Des espèces exotiques comme Pittosporum undulatum (Pittospore à feuilles ondulées), Hedychium gardnerianum (Hédychium de Gardner) ou Clethra arborea, indigène mais souvent déplacée et utilisée comme plante ornementale, ne doivent pas dominer la composition naturelle

Là où ces caractéristiques sont remplies, on peut parler d’un bon état de conservation de l’habitat prioritaire.

Menaces et pressions

Bien qu’aucune liste formalisée de menaces ne soit jointe au jeu de données actuel, la description succincte associée mentionne plusieurs dangers historiques et actuels :

  • Défrichements historiques pour la production de charbon de bois, de manches d’outils et de compost
  • Remplacement des forêts naturelles par des plantations d’essences commerciales
  • Pâturage de bovins laitiers, qui entrave la régénération naturelle et entraîne une eutrophisation
  • Construction de routes, qui permet aux néophytes de s’infiltrer le long des couloirs
  • Incendies de forêt, qui endommagent surtout les vieux arbres riches en cavités des forêts canariennes plus sèches et favorisent une végétation pionnière combustible
  • Invasion de végétaux exotiques, notamment Pittosporum undulatum et Hedychium gardnerianum, qui supplantent la flore indigène

Sans mesures actives, une dégradation supplémentaire et donc une détérioration de la situation déjà classée Vulnérable sont à craindre.

Protection et restauration

Le jeu de données analysé ne contient pas d’instructions concrètes de restauration. Toutefois, à partir des indicateurs de qualité et des menaces énoncés, on peut déduire des mesures de protection prioritaires :

  • Désignation de zones centrales étendues, exemptes d’exploitation, avec des zones tampons
  • Lutte active contre les espèces végétales invasives (élimination de Pittosporum, Hedychium et Clethra subspontanée)
  • Restauration de la structure ligneuse autochtone, chaque fois que possible en favorisant la régénération naturelle
  • Prévention systématique des incendies, notamment dans les secteurs subhumides périphériques
  • Contrôle du bétail au pâturage et prévention des apports de nutriments
  • Arrêt du morcellement supplémentaire par les routes et les chemins

Des projets internationaux de conservation de la nature (par ex. les programmes LIFE aux Açores et aux Canaries) visent précisément à associer le contrôle des espèces invasives et la restauration forestière ; la Directive Habitats en constitue la base juridique.

Importance pour l’Europe et la protection des espèces

Les forêts de lauriers macaronésiennes sont un haut lieu du patrimoine naturel européen. Elles constituent non seulement une fenêtre sur le passé subtropical du continent, mais aussi le dernier refuge d’espèces qui n’existent nulle part ailleurs dans le monde. Les pigeons des lauriers et le Bouvreuil des Açores n’en sont que quelques exemples emblématiques. S’y ajoute une diversité unique, encore incomplètement étudiée, de mousses, de lichens et d’invertébrés.

Pour la conservation de la nature en Europe, ces forêts sont donc classées à la fois comme prioritaires et menacées, selon EUNIS comme selon la Directive Habitats. Leur préservation est une responsabilité partagée des États membres de l’UE – le Portugal et l’Espagne –, mais aussi un enjeu de la stratégie européenne pour la biodiversité.


FAQ

1. Où trouve-t-on exactement des forêts de lauriers macaronésiennes en Europe ? Les forêts de type G2.3 sont exclusivement présentes sur les archipels atlantiques de la Macaronésie. Il s’agit précisément des Açores, de l’île de Madère et des îles Canaries. Elles y croissent à des altitudes comprises entre 500 et 1 500 m.

2. Pourquoi ces forêts sont-elles considérées comme menacées ? La Liste rouge européenne des habitats les classe comme « Vulnérables » car les défrichements historiques, le pâturage, les plantes invasives introduites et les incendies ont fortement réduit et fragmenté les peuplements autrefois étendus.

3. Quelles sont les espèces d’arbres typiques de G2.3 ? Sont caractéristiques Laurus azorica, L. novocanariensis, Ocotea foetens, Persea indica, Myrica faya et Picconia excelsa, accompagnées de la bruyère arborescente (Erica arborea) et de plusieurs houx endémiques (Ilex). Au total, jusqu’à 20 espèces d’arbres différentes peuvent croître sur quelques hectares.

4. Que signifie le code DHFF 9360 pour cet habitat ? 9360 est le code de l’annexe I de la Directive Habitats-Faune-Flore pour « * Forêts macaronésiennes de lauriers (Laurus, Ocotea) ». L’astérisque * indique qu’il s’agit d’un habitat prioritaire, ce qui fonde une responsabilité particulière des États membres pour sa protection et la désignation de zones protégées.

5. Les forêts de lauriers peuvent-elles servir de biotope au jardin ? Les conditions stationnelles très particulières – un climat hors gel, toujours humide et nébuleux, propre à l’étage supérieur des nuages – ne sont pas reproductibles dans un jardin d’Europe continentale. On peut cultiver quelques espèces décoratives isolément, mais il est impossible de recréer un biotope fonctionnel de forêt de lauriers au jardin.

Häufige Fragen

Où trouve-t-on exactement des forêts de lauriers macaronésiennes en Europe ?

Les forêts de type G2.3 sont exclusivement présentes sur les archipels atlantiques de la Macaronésie. Il s’agit précisément des Açores, de l’île de Madère et des îles Canaries. Elles y croissent à des altitudes comprises entre 500 et 1 500 m.

Pourquoi ces forêts sont-elles considérées comme menacées ?

La Liste rouge européenne des habitats les classe comme « Vulnérables » car les défrichements historiques, le pâturage, les plantes invasives introduites et les incendies ont fortement réduit et fragmenté les peuplements autrefois étendus.

Quelles sont les espèces d’arbres typiques de G2.3 ?

Sont caractéristiques Laurus azorica, L. novocanariensis, Ocotea foetens, Persea indica, Myrica faya et Picconia excelsa, accompagnées de la bruyère arborescente (Erica arborea) et de plusieurs houx endémiques (Ilex). Au total, jusqu’à 20 espèces d’arbres différentes peuvent croître sur quelques hectares.

Que signifie le code DHFF 9360 pour cet habitat ?

9360 est le code de l’annexe I de la Directive Habitats-Faune-Flore pour « * Forêts macaronésiennes de lauriers (Laurus, Ocotea) ». L’astérisque * indique qu’il s’agit d’un habitat prioritaire, ce qui fonde une responsabilité particulière des États membres pour sa protection et la désignation de zones protégées.

Les forêts de lauriers peuvent-elles servir de biotope au jardin ?

Les conditions stationnelles très particulières – un climat hors gel, toujours humide et nébuleux, propre à l’étage supérieur des nuages – ne sont pas reproductibles dans un jardin d’Europe continentale. On peut cultiver quelques espèces décoratives isolément, mais il est impossible de recréer un biotope fonctionnel de forêt de lauriers au jardin.

Quellen