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EUNIS: G3.2; G3.3Europäische Rote Liste: Near ThreatenedFFH-Anhang I: 9420; 9430

Forêts subalpines de mélèzes, d'arolles et de pins à crochets : l'habitat de la limite forestière

Les forêts subalpines de mélèzes, d'arolles et de pins à crochets (EUNIS G3.2 et G3.3) sont des forêts claires de conifères à la limite supérieure de la forêt dans les Alpes, les Carpates et les Pyrénées. Selon la Liste rouge européenne des habitats, elles sont classées « Quasi menacées » (Near Threatened) et protégées au titre des habitats d'intérêt communautaire 9420 et 9430.

Einordnung

Originalbezeichnung
Temperate subalpine Larix, Pinus cembra and Pinus uncinata woodland
EUNIS
G3.2; G3.3 – Alpine larch - Arolla woodland; Mountain pine ([Pinus uncinata]) woodland
EU-28
Near Threatened
EU-28+
Near Threatened
FFH-Anhang I
9420; 9430 – Alpine Larix decidua and/or Pinus cembra forests; Subalpine and montane Pinus uncinata forests (* if on gypsum or limestone)

L'essentiel en bref

  • Type d'habitat : Forêts subalpines de mélèzes, d'arolles et de pins à crochets (temperate subalpine Larix, Pinus cembra and Pinus uncinata woodland)
  • Codes EUNIS : G3.2 (Boisements alpins de mélèzes et d'arolles) et G3.3 (Boisements de pin à crochets)
  • Répartition : Hautes altitudes des Alpes, Carpates, Pyrénées et Jura, généralement entre 1 500 et 2 400 m
  • Protection DHFF (Directive Habitats-Faune-Flore) : Annexe I, code 9420 (Forêts alpines à Larix decidua et/ou Pinus cembra) et 9430 (Forêts subalpines et montagnardes à Pinus uncinata, prioritaires sur gypse ou calcaire)
  • Liste rouge UE : « Quasi menacée » (Near Threatened) – évaluée dans le cadre de la Liste rouge européenne des habitats (UE28+)
  • Espèces caractéristiques : Mélèze (Larix decidua), Arolle/Pin cembro (Pinus cembra), Pin à crochets (Pinus uncinata), accompagnés de la myrtille, du rhododendron ferrugineux, de la canche flexueuse et bien d'autres.

Que sont les forêts subalpines de mélèzes, d'arolles et de pins à crochets ?

Ce type d'habitat regroupe des forêts claires de conifères, souvent structurées en bouquets, de l'étage subalpin moyen. Elles constituent la limite naturelle supérieure de la forêt dans les hautes montagnes de la zone tempérée européenne. La période de végétation y est si courte et fraîche que la limite des arbres est atteinte. La neige persiste longuement, mais rarement au point de favoriser les saulaies ou les mégaphorbiaies.

La composition varie selon la région et l'exposition : dans les Alpes et les Carpates, le mélèze et l'arolle dominent le paysage, tandis que dans les Pyrénées on ne rencontre que le pin à crochets (Pinus uncinata). À des altitudes plus basses, comme dans le Jura, ce dernier peut également apparaître sur des éboulis ou des blocs. La strate arbustive est souvent riche en chaméphytes qui, avec l'ouverture du couvert, forment des landes subalpines.

Classification EUNIS : G3.2 et G3.3

La base de données EUNIS distingue deux unités étroitement apparentées, regroupées ici comme un seul type d'habitat :

Code EUNISDésignationEssences dominantes
G3.2Boisements alpins de mélèzes et d'arollesMélèze (Larix decidua), Arolle (Pinus cembra)
G3.3Boisements de pin à crochets (Pinus uncinata)Pin à crochets (Pinus uncinata), formes dressées du pin couché (Pinus mugo s.l.)

Le G3.2 est limité aux Alpes et aux Carpates, tandis que le G3.3 est également présent dans les Pyrénées et le Jura. Les deux unités sont traitées ensemble en raison de leurs similitudes structurelles et écologiques. La distinction avec les fourrés subalpins à krummholz (EUNIS F2.4) se fait par la dominance d'arbres véritables ; lorsque les arbustes ou les pins couchés dressés remplacent la strate arborescente, l'habitat change de catégorie.

Espèces caractéristiques et zonation

La composition floristique reflète l'altitude et la nature souvent acide ou basique du substrat. L'aperçu suivant résume les groupes d'espèces typiques :

Strate arborescente
Larix decidua, Pinus uncinata, P. mugo (formes dressées), P. cembra, Sorbus aucuparia, S. aria, S. chamaemespilus, Picea abies et Abies alba (toujours seulement accompagnatrices, jamais dominantes)

Strate arbustive
Rhododendron ferrugineux (Rhododendron ferrugineum), rhododendron cilié (R. hirsutum), raisin d'ours (Arctostaphylos uva-ursi), cotonéaster commun (Cotoneaster integerrimus), genévrier de Sibérie (Juniperus sibirica), myrtille (Vaccinium myrtillus), airelle rouge (V. vitis-idaea), myrtille des marais (V. uliginosum), bruyère des neiges (Erica carnea) – cette dernière surtout hors des Alpes centrales.

Strate herbacée
Canche flexueuse (Deschampsia flexuosa), seslérie bleue (Sesleria caerulea), oxalide petite-oseille (Oxalis acetosella), géranium des bois (Geranium sylvaticum), solidage verge d'or (Solidago virgaurea), diverses calamagrostides (Calamagrostis varia, C. villosa), homogyne des Alpes (Homogyne alpina), dryade à huit pétales (Dryas octopetala). Dans les dépressions humides, des hautes herbes montagnardes peuvent s'ajouter.

Le couvert arborescent clair laisse passer beaucoup de lumière, si bien que la strate arbustive est souvent dense et peut limiter la strate herbacée. Sur les versants plus chauds, des indicateurs de sécheresse comme la busserole et le cotonéaster se joignent au cortège.

Liste rouge européenne : statut « Quasi menacée »

La Liste rouge européenne des habitats (UE28+) attribue à ce type de forêt le statut Quasi menacée (Near Threatened). Les raisons principales sont l'aire de répartition restreinte, la localisation en haute altitude et la sensibilité aux perturbations. Selon le rapport de la Liste rouge, les indicateurs de qualité d'un habitat intact sont les suivants :

  • Limite forestière naturelle sans abaissement dû à l'homme
  • Diversité structurelle, avec une répartition naturelle des classes d'âge
  • Présence de vieux arbres et de bois mort sur pied ou au sol
  • Cortège complet d'espèces régionales caractéristiques
  • Peuplements vastes et non fragmentés
  • Absence d'essences non indigènes et d'espèces invasives
  • Absence de dégâts visibles liés au pâturage, au piétinement, aux randonnées à ski ou aux déclenchements d'avalanches

Ces critères servent de référence aussi bien pour l'analyse des menaces que pour le suivi et les mesures de protection.

Directive Habitats-Faune-Flore et statut de protection

Au sein du réseau Natura 2000, ce type d'habitat est couvert par deux habitats d'intérêt communautaire de l'annexe I :

Code DHFFDésignationPrioritaire
9420Forêts alpines à Larix decidua et/ou Pinus cembraNon
9430Forêts subalpines et montagnardes à Pinus uncinataOui, sur gypse ou calcaire

Alors que le type 9420 regroupe les forêts de mélèzes et d'arolles des Alpes et des Carpates, le type 9430 protège les forêts de pins à crochets. Les peuplements sur substrat gypseux ou calcaire sont considérés comme prioritaires en raison de leurs conditions stationnelles extrêmes et de leur originalité floristique. Les données sur l'état de conservation au titre de l'article 17 de la directive Habitats ne figurent pas dans les sources utilisées ; une évaluation doit être recherchée séparément pour chaque État membre.

Importance écologique et critères de qualité

Ces forêts sont des points chauds de biodiversité alpine. Elles abritent des oiseaux spécialisés (p. ex. le pic tridactyle, le tétras-lyre), des insectes et des champignons qui dépendent de conditions fraîches et d'un enneigement bref. L'abondance de bois mort et les vieux arbres sont déterminants pour les coléoptères xylophages et les lichens. La dynamique naturelle – chablis, avalanches, régénération lente – crée une mosaïque de stades de développement.

Un peuplement intact se caractérise, d'après les indicateurs de qualité, par une limite forestière correspondant à son altitude naturelle, l'absence de traces d'exploitation pastorale et l'absence de dégâts liés au tourisme hivernal (remontées mécaniques, descentes hors-piste).

Menaces et mesures de protection

Les indicateurs de qualité de la Liste rouge permettent de déduire les menaces principales :

  • Pastoralisme : Le pâturage et le piétinement peuvent entraver la régénération naturelle et provoquer une eutrophisation.
  • Tourisme hivernal : Les pistes de ski, les canons à neige et le ski hors-piste détruisent la strate arbustive basse et compactent le sol.
  • Réchauffement climatique : Une remontée de la limite forestière peut réduire cet habitat en favorisant l'expansion des pessières fermées. Un changement de composition des essences est également à craindre.
  • Fragmentation : Le morcellement par les infrastructures touristiques et les pistes forestières diminue la taille des populations des espèces typiques.

Les mesures de protection doivent viser en premier lieu la préservation de grandes zones centrales non perturbées, ainsi qu'une gestion de la fréquentation et du pastoralisme. Dans les peuplements prioritaires sur gypse ou calcaire, une exclusion totale de l'exploitation est nécessaire. Les sources consultées ne contiennent pas de documentation sur des mesures de restauration, mais des structures plus naturelles avec du bois mort et une régénération spontanée offrent des pistes pour d'éventuelles renaturations.

Risques de confusion et délimitation

  • Fourrés subalpins de pins couchés (EUNIS F2.4) : Ici domine le pin couché (Pinus mugo s.str.) sous forme de krummholz, sans port arborescent.
  • Landes alpines et subalpines (EUNIS F2.2a) : Les chaméphytes couvrent une plus grande surface que les arbres ; la couverture arborée reste inférieure à 10 %.
  • Pessières subalpines : L'épicéa (Picea abies) domine et se rencontre à plus basse altitude ; le mélèze et l'arolle sont alors largement absents.

Lien avec les jardins et les communes

Les conditions stationnelles extrêmes de ces forêts ne peuvent pas être reproduites dans les jardins ou les espaces verts communaux. Quelques espèces comme le cotonéaster ou les myrtilles peuvent prospérer dans des rocailles d'inspiration alpine, mais une « forêt subalpine de mélèzes et d'arolles » en zone habitée est illusoire. Connaître cet habitat permet toutefois de comprendre la sensibilité de la limite forestière alpine et de respecter les distances nécessaires vis-à-vis des pistes de ski ou des chemins d'alpage lors des aménagements en montagne. Les villes et les communes peuvent également contribuer à la protection par un tourisme respectueux de la nature et la création de zones de quiétude.


Sources
Les informations proviennent du jeu de données élargi de la Liste rouge européenne des habitats (AEE 2022) ainsi que des bases de données EUNIS et DHFF associées. Pour l'évaluation des menaces et les indicateurs de qualité, l'habitat est répertorié sous le code RLG3.2.

Sources utilisées :

Häufige Fragen

Où trouve-t-on les forêts subalpines de mélèzes et d'arolles ?

Elles poussent dans les Alpes et les Carpates entre 1 500 et 2 400 mètres d'altitude, principalement à la limite supérieure de la forêt. Les forêts de pins à crochets (G3.3) se trouvent en plus dans les Pyrénées et le Jura.

Pourquoi cet habitat est-il quasi menacé (Near Threatened) ?

La Liste rouge européenne la classe comme quasi menacée en raison de son aire restreinte, de sa sensibilité au changement climatique, à la pression pastorale et au tourisme hivernal. Le facteur déterminant est la perte de peuplements non perturbés présentant une structure d'âge naturelle.

Quel est le statut de protection de ce type d'habitat au titre de la directive Habitats ?

Il est divisé en deux habitats d'intérêt communautaire : le 9420 (forêt de mélèzes et d'arolles) et le 9430 (forêt de pins à crochets). Ce dernier est prioritaire sur gypse ou calcaire et bénéficie donc d'une protection renforcée.

Quelles essences typiques caractérisent cette forêt ?

Selon la région, le mélèze (*Larix decidua*), l'arolle ou le pin cembro (*Pinus cembra*) et le pin à crochets (*Pinus uncinata*) dominent. Le sorbier des oiseleurs, l'alisier et l'épicéa sont parfois présents, mais sans jamais prendre le dessus.

Peut-on recréer ce type de forêt dans son propre jardin ?

Non, les conditions de haute altitude, la courte période de végétation et la dynamique particulière du sol ne peuvent être transposées dans un jardin. Quelques chaméphytes alpins comme la myrtille ou le cotonéaster peuvent s'épanouir en rocaille, mais ne remplacent pas l'habitat.

Quellen